Le bonheur dans la chute.

Ne dramatisons pas! L’homme occidental, certes, se vit chassé du paradis –et il faut bien avouer que ses actes réalisent assez bien cette sombre prédiction. Mais il est un enseignement – celui du Judo et de l’Aïkido – qui, sans nous promettre le salut après la faute, nous assure en revanche le bonheur dans la chute.



La chute ne pèse pas. L’homme qui chute ne tombe pas. Il ne cesse de se tenir droit, dans toutes les directions, jusqu’à retrouver sa position initiale. Ainsi la chute ne brise pas la forme qui consent à son grand roulement. Chuter, c’est se mouvoir tout droit, de manière circulaire!

    On lance une poignée de terre en direction du ciel et voici qu’elle s’anime, se sculpte dans son mouvement, s’unit dans l’impulsion – va-t-elle retomber ? Nullement, elle ne perd pas son centre ; elle compose, dans les lois de la gravité, son royaume éphémère.

    Un mouvement libre habite la chute. On peut alors choisir son idéal de chute. La lente chute des neiges recouvre les vallées quand la chute des reins donne leur grâce aux femmes et celle des feuilles d’arbre leur beauté aux saisons.

        Toute chose est à sa place, en chute libre.





 Témoignage  F.V.