... Science-Po

Son nom est placardé chaque semaine sur les sempiternelles feuilles des salles de Sciences pipo.  Le judo c'est lui, le karaté c'est lui, la boxe c'est encore lui.  Mais il ne s'arrête donc jamais?  Mais qui est ce Roger Arbus?  Une collaboration légendaire avec notre école, plus de 37 ans de partenariat ça compte me direz-vous…


7ème dan de judo, il commence à s'intéresser aux arts martiaux dans les années 30, à l'époque où un certain judoka Régnier terrorisait les lutteurs de France et de Navarre.  Puis vînt le temps de l'engagement auprès des forces américaines.  Il débute le Judo en 1947 et l'Aïkido en 1949, passe son diplôme de professeur de boxe à l'Insep en 1951 et aide Henry Plée à introduire le karaté en France.  Plus tard, il croisera Valera, un des pionniers du Full Contact radié de la Fédé de Karaté et provocateur né.  C'est le Far West des arts martiaux, les temps où l'on dégainait vite, l'époque où les ceintures noires étaient des terreurs.  On ne l'appelle plus Roger mais Maître Arbus.

Dès lors, il reprend en mains le club de Judo du 17 rue Mesnil dans le 16 ème, s'installe sur le Boulevard Malesherbes puis se fixe au 73 de la rue Bayen dans le 17 ème.  Là, de la grande Histoire, puisqu' il entraîne Verrier et Leberre, tous deux champions d'Europe.  Et pour les attentifs, il y a même un article sur Leberre
affiché chez le maître, sur la vitre du fameux bureau où vous donnez votre nom en entrant à Marie-Noël...

Sa collaboration avec les étudiants, il la débute très tôt, d'abord avec Supelec, Hec et enfin Sciences Po.  Des durs à cuire, il en a vus.  Mais il salue le courage des boxeurs en particulier.  "En boxe tu prends plus de coups qu'ailleurs, et tu te relèves avec l'envie de les rendre.  Au Judo tu tombes.  A la boxe, c'est ton honneur qui est enjeu..." Dans tous les cas, l'ambiance de travail au club est toujours bonne.  Des efforts sans violence, mais inutile de venir pleurnicher pour un petit coup bien placé, sinon opte pour le club couture...

La pratique doit être quotidienne selon le maître.  Il faut persévérer, un combattant est comme un violoniste me confie-t-il.  C'est qu'il défend avec nostalgie la noblesse du combat. "Les arts martiaux sont descendus dans les faubourgs", le combat devenu spectacle, la prouesse devenue dopage ... Voilà ce qu'il pense du Free Fighting, du KI et autres attractions à l'Américaine. Rien ne vaut donc la répétition incessante des techniques, la bonne vieille méthode japonaise, où les coups de poings se donnent par centaines ... Merci donc Maître de votre bonne humeur et de vos conseils éclairés.  Rendez-vous à tous sur les tatamis!

 

F.F.